Voici
un texte sur les huit pièces de brocart. Vous constaterez dans les
descriptions quelques petits détails différant de la forme que
l'on a répétée pendant le stage. Cela a peu d'importance. Les schémas
par contre correspondent à notre travail de ce
week-end.
Les
«Huit Brocarts de Soie» (Baduanjin) ou, plus précisément, «Huit Pièces
de
Brocart" représentent un grand classique du Qigong d’entretien de
santé. La tradition relate que cette fameuse série fut créée par le
Général, Yue Fei (1103-1142) pour maintenir la santé
de ses officiers. Il existait à l'origine 12 exercices, qui furent
ramenés à 8. Les manteaux longs en brocart portés à l'époque par les
dignitaires de l'empire évoquent une bonne
santé.
Le
Ba Duan Jin est un exercice qui étire globalement le corps pour activer
et
réguler les fonctions internes et faciliter la circulation des
fluides et de l'énergie. Pour mieux comprendre le nom de chaque
exercice, il faut voir le corps humain avec un réseau
interne (invisible) qui nourrit les organes et les entrailles.
Âgées
de près d’un millénaire, ces pièces sont toujours plus ou moins
transmises
de Maître à Disciple au sein des multiples écoles qui se réfèrent à
Yue Fei, chacune prétendant bien évidemment posséder la vraie et seule
version, toutes les autres étant de pâles copies ou de
pieux mensonges. Il existe également une version assise du
Baduanjin. La version présentée ici date du XVIlIème siècle.
Titre de chaque exercice selon
le texte chinois du document
1. Les deux mains levées soutiennent le ciel pour régulariser le sanjiao (triple réchauffeur ou trois foyers)
2. A gauche et à droite on paraît bander un arc comme pour lancer une flèche
3. Le bras levé traite la rate et l'estomac
4. On regarde en arrière comme pour détecter les "cinq fatigues" et "les sept malaises "
5. Branlez la tête et "agitez la queue" c'est à dire courbez le dos afin de chasser le feu du coeur
6. Ployez bien le dos 7 fois et les 100 maladies disparaîtront
7. Serrez les poings avec les yeux de feu pour accroître le souffle et la force
8. Les deux mains bien agrippées aux pieds renforce "les reins et les lombes".
1- "Doubles mains soutenant le ciel pour régulariser les Trois Foyers"
En
position debout, jambes légèrement écartées, les deux bras montent
parallèlement le long du corps. Les mains se joignent au dessus de
la tête et les doigts s’entrelacent Sur une inspiration profonde étendre
puissamment les mains vers le ciel comme pour soulever
celui-ci et le soutenir. Les talons pendant ce mouvement décollent
légèrement du sol. En baissant peu à peu les bras sur l’expiration les talons se reposent sur le sol. Répéter cet
exercice neuf fois pour les hommes, huit fois pour les femmes.
Régulariser
le sanjio (triple réchauffeur) : le méridien du triple réchauffeur
est lié aux trois régions (ou foyers) : au dessus du diaphragme,
entre le diaphragme et le nombril, entre le nombril et le pubis. Les
rôles respectifs de ces trois régions sont : la respiration,
la digestion, l'élimination. Le Sanjiao va de l'annulaire à la tête
et rejoint le méridien de la vésicule biliaire. Le fait d'étirer et de
baisser les bras active et régularise le Qi dans le
sanjiao grâce à l'alternance contraction/relâchement.
2- «Bras droit et gauche plient
et se déploient comme pour viser un aigle avec un arc. L’archer en posture de cheval en accroît l’efficacité».
A
partir de la posture précédente, effectuer un pas en écartant la jambe
gauche et ployer les genoux jusqu’à passer en posture du cavalier.
Les bras se croisent devant la poitrine, bras droit à l’extérieur,
gauche à l’intérieur. Pouce et index de la main gauche
allongés, les trois autres doigts repliés, étendre ce bras petit à
petit sur le côté, la tête se tournant peu à peu et le regard
accompagnant ce mouvement En même temps; le poing droit se serre,
index, majeur, annulaire, auriculaire rejoignant le pouce comme pour
tenir la corde d’un arc. Ce bras demeure plié mais s’étend sur le côté à
partir de l’épaule. L’arc est désormais bandé. Sur
une expiration sonore les bras reviennent en position initiale après
avoir décoché la flèche. Répétez cet exercice dans la direction
opposée. Douze tirs à gauche (Yang), douze tirs à droite
(Yin).
La
position assise du tireur à l'arc active la partie basse du corps
(région
coxo- fémorale) et renforce le Qi des reins. Le geste d'ouverture en
abaissant le corps facilite la circulation du bas vers le haut et
l'enracinement.
3- «Lever le bras et durcir la
paume pour obtenir la paix et l’harmonie de la Rate et de l’Estomac. Les maladies en seront écartées».
Ramener
le pied gauche pour restreindre l’écart entre les jambes à une
largeur d’épaule. Le bras droit se lève petit à petit au-dessus de
la tête, paume vers le ciel, doigts joints. Simultanément la paume
gauche se tourne vers le bas, doigts joints et pointant en
avant Revenir à la position initiale. Répéter l’exercice en montant
la main gauche. Douze fois de chaque côté en alternant.
Lever
le bras traite la rate et l'estomac : Le méridien de l'estomac (yang)
est
lié au méridien de la rate (yin). Le méridien de l'estomac commence à
l'aile du nez et se termine sur le deuxième orteil. Celui de la rate
commence au gros orteil et finit sous la langue. Le
mouvement de montée des bras en poussant sur les jambes active la
circulation dans la rate, l'estomac, et le foie.
4- «Torse droit faire pivoter
la tête pour regarder comme un dragon au dessus de son épaule afin de détecter les cinq fatigues et les sept déficiences...refroidissement
des organes génitaux,
impuissance, spasmes. éjaculation trop rapide. rhumatismes dus au
froid humide, spermatorrhée, mauvaise circulation dans les membres
inférieurs»
Rapprocher
encore un peu les jambes jusqu’à ce que les talons se
joignent, laisser tomber les mains le long des cuisses et étendre la
colonne vertébrale. Sans bouger le corps ni modifier l’équilibre de la
répartition du poids du corps sur les pieds tourner
lentement la tête vers la gauche et regarder au dessus de l’épaule
en inspirant. Ramener la tête au centre en expirant. Même exercice de
l’autre côté. Douze fois à gauche, douze fois à droite.
Effectuer les deux derniers exercices en tournant légèrement le
thorax et en regardant le talon opposé. Pendant ces derniers exercices
les paumes des mains se tournent vers l’avant afin de bien
ouvrir la poitrine.
Les "cinq fatigues" font allusion aux maladies des cinq organes internes yin : le
coeur, le foie, la rate, les poumons et les reins.
Les
"sept malaises" sont liés aux sept émotions : la colère, la joie, la
tristesse, la peur, l'obsession, l'inquiétude, l'effroi. Selon la
médecine chinoise, l'exagération ou l'inhibition des émotions est
nuisible aux cinq organes et engendrent des
maladies.
La colère nuit au foie, la joie nuit au coeur, la tristesse au poumon, la peur au
rein, l'obsession à la rate.
Les
émotions font stagner l'énergie en haut. Le mouvement du bas vers le
haut
permet de régulariser le Qi qui stagne en haut, pour cela, à
l'expiration, bien diriger le souffle du dantian inférieur vers les
yongquan (source bouillonnante). Tournez la tête vers l'arrière
décontracte la région cervicale.
5- «La Tortue secoue la tête et branle de la queue pour évacuer le feu du coeur
en excès. Le corps engourdi permettra au sang de mieux circuler pour chasser la colère ».
Reprenez
la position du cavalier en écartant le pied gauche, les mains se
placent sur les cuisses, pouces dirigés vers l’extérieur. Le corps
se penche peu à peu vers la gauche le bras gauche plié et le bras droit
tendu en ayant soin de bien étendre la colonne
vertébrale. Pendant ce temps la tête se balance deux fois sur son
axe comme pour dire «non». Se redresser, rejeter un court instant la
tête en arrière comme pour regarder le ciel. Effectuer le
même exercice à droite. Douze fois à droite, douze fois à gauche. Surtout pendant cet exercice il convient de bien veiller à étendre (Qiao) la colonne vertébrale de manière à ne pas
risquer de dorsalgie ou de sciatique.
Le
feu (excès du coeur) dans le foyer médian et au plexus peut avoir comme
origine une mauvaise alimentation, la respiration d'un air vicié ou
le manque de sommeil. Le feu est lié au coeur. Le métal est lié aux
poumons. Dans la théorie des 5 éléments, le métal absorbe
la chaleur du feu. En remuant et ouvrant la cage thoracique avec les
bras (méridiens du poumons), on active les poumons, on éteint le feu du
coeur. Le qi s'enracine dans les
yongquan.
6- «Le
dos plie sept fois et on se saisit des pieds pour renforcer les os et
assouplir les tendons. Une fois le Ciel, une fois la Terre et l’énergie
de vie s’assoit.
Ainsi on évite le froid».
Ramener
les pieds jusqu’à ce que les talons se touchent à nouveau. Les mains
passent dans le dos paumes vers le ciel. Entrelacer les doigts puis
passer paumes vers le sol en étendant le dos trois fois. Pendant cet
exercice le menton se lève vers le ciel. Ramener les bras
le long des cuisses et en expiration se pencher peu à peu en avant
pour toucher les pieds et se saisir des orteils. Une fois les orteils
saisis, relever la tête comme pour regarder vers l’avant.
S’il existe une trop grande difficulté à se pencher pour toucher les
pieds il convient de décaler légèrement les pieds en avant et en
arrière. Répéter cet exercice six fois à droite, six fois à
gauche.
En
s'élevant sur les pieds, on active les 6 méridiens des pieds. Cela
régularise
la circulation du qi du bas vers le haut. En déployant le dos, on
facilite la circulation haute. La circulation générale s'active.
7- «Serrer les poings et en
chevauchant le cheval de fer, frapper avec les yeux de la colère de feu».
Revenir
en position du cavalier en écartant la jambe gauche. Plier sur les
jambes en maintenant le dos le plus droit vers l’avant En fin de
course les ongles sont passés vers le bas. Ramener le poing à la hanche.
Répéter cet exercice est possible. Les poings se serrent
et viennent à la taille paume vers le haut. Lancer le poing gauche
vers l'avant, le ramener à la hanche puis lancer le poing droit. Huit
fois à gauche, huit fois à droite. Expirer pendant la
frappe. Veillez à entretenir un regard furieux pendant tout
l’exercice. Cela libère l’esprit.
Faire
le geste élastique du coups de poings est semblable dans les fonctions
internes à la deuxième pièce. "Les yeux de feu" désigne la
concentration de l'esprit. La vigilance coordonnée à la force musculaire
et au souffle vital crée le jing (puissance
interne).
8-
«Faire sept extensions en
élevant les talons (en respirant à partir des talons) pour éviter
les sept désordres et les cent maladies. Cela renforce l’énergie de la
rate et du foie et mobilise le sang dans le bas du
corps».
Rapprocher
les pieds à nouveau de manière à joindre les talons. Dans une
inspiration élever les talons aux haut que possible pour provoquer
l’extension (Qiao). Abaisser les talons progressivement en expirant,
recommencer l’exercice six fois. joindre les mains derrière
le dos en entrecroisant les doigts paume vers le ciel. En basculant
les mains paumes vers la terre élever les talons une dernière fois en
inspirant profondément. Maintenir la position d’extension
quelques instants. En ramenant les mains paumes vers le ciel
abaisser les talons progressivement tout en expirant. A la fin de ce
dernier exercice faire quelques pas en balançant les bras pour
bien détendre le corps.
Les
reins sont la résidence de l'essence originelle (yuan jing), qui est la
source du souffle originel (yuan qi). Lorsque les reins sont sains
et forts, le jing (essence vitale) est retenu et renforcé. En pliant le
dos vers le sol, on masse les reins en étirant le dos.
En agrippant les pieds on touche les orteils ou le point yongquan
(source bouillonnante) du méridien des reins situé sur la plante du
pied. Cette pièce régule le qi de la tête aux
pieds.
Les
sept désordres sont la joie excessive, la colère, l’inquiétude, la
réflexion
excessive, la tristesse, la peur, l’effroi... La joie excessive
disperse l’énergie vers le haut ce qui nuit aux Trois Foyers. La colère
fait monter l’énergie vers la tête et nuit au foie.
L’inquiétude et la réflexion excessives concentrent l’énergie au
centre et nuisent à la rate. La tristesse disperse l’énergie vers
l’extérieur ce qui nuit aux poumons. La peur fait descendre
l’énergie dans le bas du corps ce qui nuit aux reins. L’effroi
trouble l’énergie ce qui nuit au cœur.
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